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Maternité & Education

Mon corps ce menteur {Oeuf clair et hospitalisation}

Aujourd’hui je partage avec toi un article moins léger qu’habituellement, dans un but de sensibilisation. Il ne se veut pas plaintif mais plutôt informatif. Je vais donc t’expliquer mon expérience et te parler d’un grand inconnu : l’oeuf clair.

La découverte

Nous avons découverts à la mi-septembre qu’en plus du sable au fond des valises et du bronzage sur nos peaux, nous avions également rapportés de nos vacances un petit bébé niché au creux de mon ventre. Nous étions ravis de cette jolie nouvelle, ravis du timing parfait pour cette seconde grossesse, ravis d’agrandir prochainement notre famille.

Les premières semaines se sont déroulées sans accroc, certaines sensations me rappelaient ma précédente grossesse, mon corps commençait à changer.

Nous nous sommes rendus à la première échographie (de datation) permettant de définir précisément la date de conception de l’enfant et donc la date du terme. Nous en étions à 8 SA, soit 6 semaines de grossesse. Premier couac : l’échographiste ne visualise pas d’embryon, uniquement le sac gestationnel. Il reste prudent tout en nous rassurant : il se peut que la grossesse soit plus récente que ce que nous pensons, en effet s’il y a eu ovulation tardive, il se peut que l’embryon soit encore trop petit pour être visible à l’échographie. Il me prescrit donc deux prises de sang à réaliser à 48h d’intervalle pour contrôler l’évolution du taux d’hormones HCG (hormones de grossesse, censées doubler toutes les 48h à cette période de la grossesse). La seconde possibilité c’est qu’il s’agisse d’un oeuf clair (ou oeuf vide) L’échographiste nous demande de revenir dans 10 jours pour une échographie de contrôle.

Petit focus sur l’oeuf clair

Définition : L’oeuf clair désigne un oeuf « vide ». La rencontre s’est faite entre l’ovule et le spermatozoïde, mais les divisions cellulaires ne se sont pas effectuées et il n’y a pas d’embryon.

Quelles sont les causes ? La division cellulaire s’est bloquée à une étape. La croissance et le développement de l’embryon se sont arrêtés, mais le sac gestationnel, lui, a poursuivi son développement. Les causes de cet arrêt de développement sont encore mal connues. Dans deux tiers des cas, une anomalie chromosomique est en cause.

Ce qui est le plus fou dans cette histoire, c’est que le corps est persuadé que la grossesse suit son cours : la poitrine continue d’augmenter, les symptômes persistent, rien n’indique que l’utérus n’abrite en fait aucun enfant…

Il semblerait que 1 femme sur 3 soient concernée par ce phénomène. Nous sommes tombés des nues en apprenant ce chiffre, c’est donc très courant, et pourtant nous n’en avions jamais entendu parler ! D’où ma volonté de te sensibiliser à ce sujet.

Autant te dire que les 10 jours d’attente entre les deux échographies ont été interminables. Je ne pensais pas que je me sentirai si mal mais j’ai subit un énorme stress se manifestant par : une irritabilité hors norme, une vraie incapacité à me concentrer (notamment au travail) et de gros troubles alimentaires. J’ai fais tout ce qu’il ne fallait pas faire en naviguant des heures sur les forum internet à la recherche de réponses. J’ai oscillé non stop entre optimisme et pessimisme, un coup soulagé par les résultats des prises de sang, un coup inquiète que le taux n’ai pas “vraiment” doublé, un coup comparant avec l’échographie de ma première grossesse, tout en recalculant inlassablement ma date d’ovulation…. bref ça a été une période compliquée psychologiquement.

Le verdict a été rapide une fois installée pour l’échographie de contrôle : toujours pas d’embryon visible, ni de battement de cœur, un sac gestationnel ayant légèrement rétréci, avec des bords irréguliers… il s’agit bien d’un oeuf clair, d’une grossesse non évolutive. L’échographiste est mal à l’aise, on a presque envie de le consoler quand il s’excuse…

S’ensuit le RDV avec l’obstétricien de garde pour savoir quoi faire ensuite. La fausse couche ne s’étant pas déclenchée naturellement, et le médicament aidant l’expulsion ayant été récemment retiré de la vente, ne reste qu’une solution : le curetage. Il s’agit d’une intervention réalisée sous anesthésie générale et consistant à venir “aspirer” le contenu de l’utérus. Le coup est dur… je ne m’attendais pas à devoir subir une hospitalisation ni un procédé invasif.

Psychologiquement ça a été bizarre : j’étais soulagée de “savoir”, le stress s’est envolé avec le verdict. En même temps j’ai été au bord des larmes assez régulièrement au cours des cinq jours précédant l’intervention, surtout quand j’étais confrontée au corps médical (lors des RDV avec le gynécologue et l’anesthésiste, lors des prises de sang pour préparer l’hospitalisation..). Je ne me suis pas sentie coupable, pas vraiment en colère non plus. Plutôt attristée par ce coup de “pas-de-chance”, un peu nostalgique de ce que j’avais forcément commencé à projeter, comme un blues lancinant. Ce qui m’a aidé, c’est de me dire qu’il n’y avait jamais vraiment eu de bébé. Je n’ai pas “perdu” un enfant, mon corps m’a juste joué un mauvais tour en me faisant croire à une grossesse… quel con !

L’hospitalisation et les suites

Sans rentrer dans les détails médicaux et intimes, sache qu’un curtage est effectué sous anesthésie générale, donc tu as le droit aux consignes habituelles en cas d’opération : avoir préalablement effectué des tests sanguins, avoir rencontré l’anesthésiste, et pour le jour J : être à jeun et douché de bétadine. C’est une intervention courante et rapide, qui s’effectue donc en ambulatoire (tu arrives le matin à l’hôpital et tu en ressors dans la journée s’il n’y a pas de complication).

Les suites ne sont pas douloureuses (ou alors n’excèdent pas les douleurs pouvant être ressenties pendant les règles). Seuls symptômes : quelques faibles saignements peuvent persister pendant 3 à 15 jours.

Les recommandations concernant la reprise des “essais bébé” semblent varier selon les gynécologues/sage-femme/médecins. Certains préconisent d’attendre le retour d’un premier cycle avant de réessayer, d’autres recommandent d’attendre trois mois pour diminuer le risque d’une nouvelle fausse couche…

En tous les cas, avoir fait l’expérience d’un oeuf clair ne signifie pas que les futures grossesses seront plus compliquées ou risquées. C’est un pur hasard, qui n’est pas censé se représenter.


J’ai souhaité rédiger cet article pour témoigner et informer, aussi car j’aurai aimé lire ces quelques lignes quand j’étais moi-même en plein questionnement. Une pensée à tous les couples vivant cette situation délicate et pourtant si commune.

Si tu as des questions à ce sujet, n’hésites pas à m’interroger en privé via mon mail, et si tu as aussi vécu cette expérience, j’aurais plaisir à lire ton commentaire.

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